Je suis debout en haut d'un immeuble. Je contemple la ville qui s'anime sous mes pieds. A force de la regarder vivre de cette facon, j'ai cru que moi aussi, je pourrai vivre par moi-même, toute seule, sans l'aide de personne. J'ai cru qu'il serait facile d'être grande. Et j'ai sauté dans le vide.
J'ai mal partout, mon coeur est resté la haut. Je gis en bas, la poitrine éventrée, j'ai si mal...
Mes larmes n'atténuent pas ma douleur, il n'y a que toi qui le peut. J'attends sans bouger, je sais que je te reverrai. Mais quand? Je souffre tellement en attendant...
C'est si long... J'ai l'impression que le temps s'est arrêté... J'entends les secondes s'écouler, une a une, lentement... Je ne vais pas y arriver...
Je me redresse doucement, replaçant délicatement les morceaux de ma chair éclatée. Je dois continuer... Mais je n'y arrive pas sans toi. La vie n'a pas le même goût sans ta présence près de moi...
Je ne savais pas ce que c'était que de vivre vraiment avant de te rencontrer. Je ne peux plus désormais...
Et même si je traîne péniblement les restes de mon pitoyable corps déchiré sur un sombre chemin de gravier, et que je vis encore malgré tout, c'est parce que moi, je crois en toi, la lumière de ma vie, le brasier de mon être, la voleur de mon coeur. Parce que c'est toi ma vie désormais. Et que je n'accorde plus aucune valeur au reste.
Depuis maintenant 8 jours, je ne suis plus entièrement moi même. J'ai laissé la moitié de mon être, la bas, quelque part au bord de la mer. Et Je erre désespérément dans le monde. Dans ce monde qui me répugne. Je ne veux rien, tout me dégoûte. J'ai envie de vomir. Je ne survis que dans l'espoir de te revoir. On m'a arraché ce qui est le plus précieux pour moi, la plus grosse partie de moi... Mon coeur est si lourd, j'ai tellement mal... Ma faiblesse me transperce, c'est trop dur. Je ne suis pas si forte...
La vie est si dure sans toi...
. Je ne suis rien sans toi.. .
Je t'aime.

